Quels contenus l’école doit-elle transmettre ?

L’enseignement du français

Jeudi 3 avril, de 18h30 à 21h00
Avec Agnès Joste,
et Philippe Le Quéré,
professeurs.

Société d’encouragement de l’industrie nationale,
4 place Saint-Germain des Prés, 75006 Paris
Métro Saint-Germain des Prés, ligne 4
Plan d’accès : http://goo.gl/maps/R1U9x

Entrée libre. Le nombre de place étant limité, merci de vous inscrire par mail à l’adresse inscription@gabrielperi.fr

Présentation :

L’histoire des programmes de français montre que cette discipline n’a pas fini de trouver sa légitimité - qu’elle est constamment mise en demeure de prouver. Si sa fonction linguistique d’apprentissage élémentaire n’a jamais été contestée à l’école primaire, on voit qu’il est impossible de faire un historique des programmes récents, par exemple depuis 1950, sans être contraint, pour comprendre son enracinement, de remonter aux origines de l’instauration conflictuelle du français dans le secondaire dans les années 1880, et de sa greffe douloureuse dans un paysage scolaire dominé par le latin.

La suite de son histoire est celle de sa difficile extraction d’un ensemble de systèmes, de dogmatismes et de doctrines, dans une école de plus en plus unifiée : d’une rhétorique de l’imitation à l’instauration positiviste de l’histoire littéraire, d’une culture de l’admiration à la formation d’un jugement personnel et éclairé, d’une lecture naïve des intentions de l’auteur à la remise en cause du sens profond des textes, l’enseignement de la littérature n’a jamais cessé de chercher son chemin, ses méthodes, ses finalités, ses œuvres.

Cette recherche didactique s’est alourdie au passage de tâches parasites assignées tour à tour au français, de la formation morale à la tolérance du bon citoyen. Et n’a jamais été sereine : accusé depuis les années 1960 d’aggraver les inégalités en renforçant le pouvoir des dominants, et de nuire ainsi à la démocratisation de l’école, le français est politiquement remis en cause. Parallèlement, un courant général de puérocentrisme a imputé à l’école ennui et désadaptation, au français un apprentissage méthodique de la langue trop fastidieux. Sans que ces doxas soient jamais interrogées, les horaires consacrés à l’enseignement du français ont été réduits au point de faire perdre aux élèves, en primaire et au collège, l’équivalent de plus de deux années scolaires.

Quant aux méthodes de la littérature, elles sont passées de l’impressionnisme le plus gratuit à la technique la plus desséchée - supposée plus objective et démocratique. De récents aménagements de programmes ont redonné un peu de place au sens, mais force est de constater que le français n’a jamais trouvé ni sa définition ni sa vitesse de croisière. Or la maîtrise des ressources de la langue et la connaissance des œuvres, ainsi que l’analyse précise et fine des textes, sont des moyens inépuisables d’intéresser, former, ouvrir, libérer des générations d’élèves. Comment l’enseignement du français peut-il se réconcilier avec eux ?