La devise républicaine entre histoire et absolu ?

par André Tosel

Philosophe, professeur émérite des universités.

20 mars 2008

Rencontre du jeudi 20 Mars 2008 (Espace Oscar Niemeyer, Paris).

La devise républicaine a été présentée comme un absolu se réalisant historiquement. Elle a pu même tenir lieu de religion laïque, de forme symbolique moderne succédant aux formes théologico-politiques. Si sa normativité a été affirmée, cette affirmation est de part en part historique. Tout d’abord sa forme canonique a été fixée en 1848, avec la promotion de la fraternité exprimant les aspirations fragiles d’universalité sociale. Cette fraternité n’a jamais pu rivaliser avec la liberté et l’égalité et a rencontré dans la propriété privée son antagoniste. D’autre part, la liberté et l’égalité, posées ensemble, ont été l’enjeu immédiat de dictions diverses et souvent contradictoires, fonctions de conflits socio-historiques irréductibles. Il s’agira d’analyser ces dictions et contradictions en les actualisant au sein de la phase présente de la mondialisation capitaliste. On tentera de repenser la normativité républicaine selon la perspective d’un universalisme critique, capable d’affronter l’épreuve de sa rectification. Cette épreuve passera par la discussion de la fondation individualiste de la devise.

André Tosel est l’un des auteurs de l’ouvrage Marx contemporain, Acte 2 dont la sortie est prévue pour le premier office de mai 2008.