Conservation de la bibliothèque marxiste

Dans le cadre de la convention signée avec le PCF, la Fondation Gabriel Péri a participé au financement du déménagement de la Bibliothèque marxiste de Paris.
Dans l’attente de sa réouverture au public, 1798 cartons contenant 30.000 volumes ont quitté le boulevard Blanqui pour les locaux du Centre technique du livre. Le PCF et l’Université Paris XIII discutent actuellement d’une convention organisant la réouverture et la valorisation de la Bibliothèque.

La bibliothèque marxiste de Paris (BMP) a été fondée en 1955 par Georges Cogniot, Jean Freville, Victor Joannes, Léon Moussinac, et André Vieuguet, membres du comité central du Parti Communiste Français.

Destinée à collectionner l’ensemble des publications se réclamant du marxisme, du mouvement ouvrier, et plus généralement des idées de progrès, elle compte aujourd’hui plus de trente mille volumes publiés entre 1789 et 2000, et plus de quinze mille brochures. Elle constitue un fonds unique pour la recherche.

Elle fut placée, en 1966, sous la responsabilité de l’institut Maurice Thorez, créé à la mort de celui-ci en 1964, devenu en 1980 institut de recherches marxistes.

La BMP est fermée en 1980 pour rouvrir ses portes en 1985, 21 rue Barrault jusqu’à son déménagement et sa fermeture en 2001.

Au fil des ans cette bibliothèque s’est enrichie de fonds d’origines diverses, et constitue aujourd’hui un fonds unique pour la recherche, et pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire du communisme, du mouvement ouvrier, des idées révolutionnaires et de progrès.

La bibliothèque marxiste est constituée de dons de dirigeants et de militants, d’échanges internationaux avec les partis communistes, dont on trouve de nombreuses publications des années 1950, 1960. Par ailleurs les éditions sociales ont systématiquement déposées leurs publications, y compris leurs rééditions, de 1964 jusqu’à leur disparition.

La partie la plus ancienne de la bibliothèque comporte des ouvrages sur la Révolution Française, la révolution de 1848, la Commune de Paris, dont certains contemporains des événements.

Dans la partie la plus récente elle compte des fonds divers liés a la personnalité, aux responsabilités, aux centres d’intérêts des donateurs : un fonds sur l’Allemagne, du germaniste Emile Bottigelli, un fonds sur la Guerre d’Espagne, de l’historien Georges Soria, des livres d’économies, de Henri Claude.

Elle comprend les bibliothèques de Claude Poperen, membre du bureau politique de 1967 à 1980, de Francis Cohen spécialiste de l’ex URSS, les archives « politiques » de dirigeants tels François Billoux, ancien ministre, Marcel Cachin directeur de « l’Humanité », André Marty, Raymond Guyot, membres du bureau politique, et David Diamant fondateur de l’Union des Juifs pour la Reconstruction et l’Entraide. L’on y trouve aussi les archives littéraires de Paul Vaillant-Couturier et de Henri Barbusse.

La bibliothèque compte 15 000 brochures, qui constituent un ensemble original par son importance et sa richesse. Il comprend un fonds des socialistes utopistes datant des 18è et 19è siècles, et la plupart des brochures éditées par le PCF, dont un certain nombre, malgré les dispositions réglementaires, ont pu échapper à la collecte par le dépôt légal aux archives nationales.

Dans le domaine de la presse on y trouve la collection des revues auxquelles ont collaboré Henri Barbusse, « Monde », « Clarté », « Vendredi », et Paul Vaillant-Couturier : « Commune », ainsi qu’une collection de la revue « Regards ».

Cette bibliothèque fait l’objet d’un classement comme archives historiques, au même titre que l’ensemble des archives du Parti Communiste Français.

Elle sera accueillie par l’université de Paris XIII et sera de nouveau ouverte à la recherche, et, selon les souhaits du Parti Communiste Français, à un public très large.

Dans l’attente de cette réouverture, la bibliothèque, sera stockée et traitée par les techniciens du Centre national du livre.